
Chaire Eau, Territoires en Transition : interview de David Blanchon et Marie-Anne Germaine
David Blanchon et Marie-Anne Germaine co-dirigent la nouvelle chaire de recherche UNESCO « Eau, Territoires en Transition », abritée par la Fondation UPN.
David Blanchon est géographe spécialiste de la gestion des ressources en eau, professeur à l'université Paris Nanterre (UFR SSA, Équipe MosAïques, UMR CNRS LAVUE 7218) et auteur de l'Atlas mondial de l'eau.
Marie-Anne Germaine est géographe, spécialiste des politiques environnementales liées à l'eau. Professeure à l'Université Paris Nanterre, elle conduit ses recherches au sein de l'UMR LAVUE 7218 CNRS (équipe Mosaïques).
Pourquoi avez-vous eu envie de créer cette chaire ?
Nous travaillons depuis une dizaine d'années sur la question de l'eau au sein du département de géographie-aménagement, avec le parcours de Master " Gestion de l'eau et développement durable ".
Côté recherche, nous avons coordonné et participé à plusieurs programmes de recherche au sein de l'UMR LAVUE traitant des enjeux liés à la gestion de l'eau que ce soit sur la restauration écologique des cours d'eau, l'adaptation au changement climatique ou la pollution des plans d'eau.
Nous avions également des liens avec le Programme Hydrologique Intergouvernemental de l'UNESCO.
Notre but en créant cette chaire était double.
D'une part donner de la cohérence et de la visibilité à nos actions avec le thème fédérateur des transitions et d'autre part développer nos partenariats avec les universités du Sud, notamment Meknès (Maroc), Gaston Berger (Sénégal) et Bangui (République Centre Africaine).
Pouvez-vous nous parler de la future chaire " Eau, Territoires en Transition " ?
Deux idées sous-tendent le projet de création de la Chaire UNESCO « Eau et Territoires en transitions ».
La première est que le changement climatique global aura des conséquences majeures sur le cycle de l’eau et qu’il faut agir et investir maintenant pour faire face à des risques de sécheresse et d’inondation potentiellement catastrophiques qui se présenteront dans plusieurs dizaines d’années.
La seconde est qu’à l’inverse, l’eau peut être également un vecteur d’atténuation et d’adaptation aux bouleversements à venir, avec par exemple des actions de restauration écologique ou des solutions fondées sur la Nature (Nature Based Solutions) dans le domaine de l’eau.
Quels sont vos objectifs dans le cadre de la création de cette chaire ?
Nous avons trois axes principaux : l'enseignement, la recherche et la diffusion des connaissances.
Pour l'enseignement, nous comptons accueillir plus d'étudiants internationaux, notamment venant des universités partenaires.
À terme, nous espérons monter un Master international qui pourrait s'intituler " Gestion de l’eau et transitions territoriales ".
Pour le volet recherche, nous comptons organiser régulièrement des conférences internationales qui donneront lieu à des publications.
Enfin, une grande partie de l'activité de la chaire sera consacrée à la diffusion des connaissances, notamment vers les jeunes en collaboration avec la Ville de Nanterre (qui a le label ville apprenante de l'UNESCO), mais aussi vers la formation des élus et gestionnaires.
Pouvez-vous nous donner quelques exemples concrets d'actions que vous souhaitez mener dans le cadre de cette chaire ?
Nous pouvons donner trois exemples.
Le premier est celui des projets tutorés des étudiants du parcours de Master GEDELO.
L'idée est de travailler avec les étudiants sur un thème lié à la Chaire en lien avec un partenaire (Collectivités territoriales, Agence de l'eau) pendant tout un semestre.
Le second est le cycle de séminaire porté par le laboratoire LAVUE dans le cadre du chantier "Sociohydrosystèmes : approches relationnelles et critiques" et la conférence annuelle, qui en 2026 portera sur " Les cinq sens de l'eau ".
Enfin, lnous souhaitons organiser une école d'été, qui sera consacrée à la formation d'élus (et de décideurs) sur la question de l'eau en ville, avec des enseignements, mais aussi des visites de sites et également un travail prospectif en atelier.
